Hélène Mirande
Psychothérapeute
Psychanalyste
Psychosomaticienne
 
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De l'éthique dans l'accompagnement...
 
Des patients me parlent d'autres accompagnements, de bien-être, ou « parallèles ».
La diversité des approches et des expériences est en soi une richesse et témoigne des besoins que notre société génère…et, cela dit en passant, de la responsabilité d’aller bien que notre monde contemporain fait peser sur chacun, individuellement. 
 
Mais mon propos aujourd’hui n’est pas politique :-)
 
Ici, je voudrai plutôt attirer l’attention sur le pouvoir que détient chaque praticien, dès lors qu’il accueille la souffrance humaine, dissimulée le plus souvent derrière l'envie de se faire plaisir, ou plus explicitement, derrière une demande de lien, de sens, de compréhension, dans les approches thérapeutiques parallèles…
Or, tout soin induit dans son dispositif même, une relation dissymétrique et partant, de pouvoir.
 
En thérapie analytique, cela est exploité au sein de la relation transférentielle et c’est bien l’éthique, et la posture de l’analyste, qui protègent patient et analyste, de tout abus de pouvoir, et de tout glissement possible. Car la violence de l’interprétation guette aussi…
 
Cela doit être analysé, pensé, nommé, repéré et déjoué, au sein de toute relation thérapeutique.
Car, sous couverts d’être « bienveillants », certains propos n’en relèvent pas moins d'une forme d’emprise.
 
Un certain Jacques L. l’avait bien résumé : « Ce que je veux, c'est le bien des autres, pourvu qu'il reste à l'image du mien. », dans la bien nommé Éthique de la psychanalyse.
C’est cette voie là, de l’éthique, et non de la morale (il s'agit de ne se conformer en rien), qu'il importe de tenir.
 
 
 
Santé mentale... de quoi parle-t-on vraiment ?
 
 
 La santé mentale est aujourd'hui érigée en priorité de santé publique.
Les campagnes de sensibilisation se multiplient, la parole se libère, les souffrances psychiques sont davantage reconnues : cette évolution est essentielle et mérite d'être saluée.
 
 Cependant, on assiste aussi à une multiplication des dispositifs spécialisés, des centres experts et des parcours de soins de plus en plus segmentés.
Ces structures répondent à des besoins réels, mais elles témoignent aussi d'une transformation profonde de notre système de santé : une logique d'expertise, d'évaluation, d'objectivation et d'optimisation qui tend à prendre le pas sur la subjectivité et le temps long nécessaire à la rencontre clinique.
 
 La santé mentale ne peut pas se réduire à une gestion des symptômes ou à une organisation des flux de patients.
Elle engage la singularité de chaque sujet, son histoire, ses relations, ses conflits, son rapport au corps et à la souffrance.
 
Face à la complexité du malaise contemporain, nous avons besoin de professionnels dûment formés, engagés dans un travail clinique rigoureux, capables d'accueillir ce qui ne se mesure pas toujours, ce qui ne rentre pas nécessairement dans les protocoles, mais qui constitue le cœur même de l'expérience humaine.
 
Prioriser la santé mentale, c'est bien une urgence sociétale, mais ce n'est pas seulement multiplier les dispositifs.
C'est aussi préserver et permettre les conditions d'une véritable rencontre thérapeutique.

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Hélène Mirande

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